Création d’emplois décents dans la zone UEMOA : Les API outillées

À Cotonou, l’OIT et la Commission de l’UEMOA outillent les agences d’investissement pour transformer la croissance en emplois de qualité
Les 12 et 13 novembre 2025, Cotonou a été le point de convergence des agences de promotion des investissements (API) de l’espace UEMOA, réunies à l’initiative de l’Organisation internationale du Travail (OIT) et de la Commission de l’UEMOA. Objectif : renforcer leurs capacités afin de mieux orienter les investissements directs étrangers vers la création d’emplois décents.
Dans une sous-région où les investissements sont passés de 2,5 milliards de dollars entre 2013 et 2017 à 4,1 milliards entre 2021 et 2022, l’enjeu est désormais d’assurer que cette dynamique économique se traduise par des emplois de qualité. Durant deux jours, les participants ont échangé sur les outils et les stratégies nécessaires pour placer le travail décent au cœur des politiques d’investissement.
À l’issue des échanges, les participants ont formulé plusieurs recommandations structurées autour de deux axes. Le premier concerne le dialogue social, qui doit être renforcé à tous les niveaux : États, employeurs et API. Le second axe porte sur la nécessité d’intégrer systématiquement la notion de travail décent dans les processus de recrutement, afin de dépasser la simple logique de volume. « On parle souvent du nombre d’emplois créés, mais l’emploi décent est plus intéressant », souligne Yves DJEDJE, directeur exécutif du Centre de Promotion des Investissements de la Côte d’Ivoire.
Pour le responsable ivoirien, l’atelier a également mis en lumière un besoin crucial d’harmonisation : « Partager nos expériences est essentiel. Cela nous pousse à réfléchir à comment aligner nos politiques sociales, environnementales ou fiscales au niveau de l’UEMOA. »
Selon Josée Laporte, spécialiste en conduite responsable des entreprises, « cet atelier est une étape clé pour faire des investissements un moteur de création d’emplois de qualité et de prospérité partagée ». Elle invite désormais les API à travailler étroitement avec les ministères du Travail afin de concrétiser les engagements pris : « La balle est dans le camp des agences. Elles doivent avancer dans une approche coordonnée. »
Par ailleurs, les discussions ont abouti à l’adoption d’outils pratiques, dont des indicateurs de travail décent destinés à guider les API dans l’évaluation des investissements. Une avancée saluée par les participants, qui ont exprimé leur volonté de voir cette démarche se poursuivre dans la durée. « C’est une très bonne initiative. Pour une API comme la nôtre, avoir cette vision était important », a affirmé Yves DJEDJE.
À travers cet atelier, l’UEMOA pose un pas supplémentaire vers un modèle de développement où les investissements ne se mesurent plus seulement en milliards, mais en emplois sûrs, durables et décents. Une ambition désormais partagée par les agences de la sous-région.
Évelyne DOSSOU

