Violences faites aux femmes : le Bénin veut passer à la vitesse supérieure avec une convention africaine

Le gouvernement béninois a décidé de soumettre à l’Assemblée nationale la Convention de l’Union africaine sur l’élimination de la violence à l’égard des femmes et des filles, en vue d’obtenir son autorisation de ratification. Cette décision a été prise lors du Conseil des ministres du mercredi 4 novembre 2026.

Adopté en février 2025 à Addis-Abeba, cet instrument juridique engage les États qui y adhèrent à lutter contre toutes les formes de violences faites aux femmes et aux filles. Il couvre notamment les agressions physiques et sexuelles, les violences psychologiques, verbales, émotionnelles et économiques. Son champ d’application concerne aussi bien les espaces privés et publics que les milieux professionnels et numériques.

Le texte prévoit également qu’aucune pratique coutumière, tradition ou croyance religieuse ne puisse servir de justification à ces violences. Il met l’accent sur la protection et l’accompagnement des victimes, tout en encourageant la prévention à travers la sensibilisation de toute la société, notamment par la promotion de comportements masculins responsables et l’implication des hommes et des garçons.

Pour le Bénin, cette démarche vient compléter les mesures déjà engagées en faveur de la protection des femmes et des filles. La ratification de la Convention permettrait notamment de renforcer le cadre juridique national face aux différentes formes de violences, y compris celles commises dans l’environnement numérique.

La ministre des Affaires sociales et de la Microfinance, Véronique Tognifodé, a salué cette initiative et appelé les députés à autoriser la poursuite du processus. Elle estime que cette étape institutionnelle doit s’accompagner d’efforts supplémentaires pour prévenir les violences, améliorer la prise en charge des victimes et faire évoluer les comportements.

Cette décision intervient à quelques semaines du 25 novembre, date consacrée à la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes. Elle marque une nouvelle étape dans la volonté affichée des autorités de renforcer les mécanismes de lutte contre les violences basées sur le genre.

Evodie Kokoyè

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