Sénégal : le Pastef propose une loi contre la transhumance des maires

Au Sénégal, le débat sur la transhumance politique refait surface. Selon les informations relayées par RFI, le parti Pastef envisage une réforme visant à empêcher les maires de changer de formation politique pendant leur mandat, après le ralliement annoncé de plusieurs centaines d’élus municipaux au nouveau parti présidentiel « Kiiraay ».
À l’origine de cette initiative, le député Amadou Ba, également responsable de la communication du Pastef. Il souhaite que les maires qui quittent leur parti en cours de mandat soient soumis à des sanctions, à l’image des députés qui perdent leur siège lorsqu’ils démissionnent de leur formation politique. L’élu propose ainsi d’étendre cette disposition aux collectivités locales, en s’inspirant notamment de certaines pratiques en vigueur au Bénin.
Selon lui, une telle mesure permettrait de limiter la transhumance politique et de renforcer la confiance des citoyens envers leurs représentants locaux.
Toujours selon RFI, cette proposition est vivement contestée par des responsables de « Kiiraay », qui estiment qu’un maire tient son mandat des électeurs et non de son parti politique. À leurs yeux, seule une nouvelle élection devrait pouvoir remettre en cause la légitimité d’un élu local.
Ce débat, récurrent dans la vie politique sénégalaise, ne concerne pas uniquement le Pastef. L’Alliance pour la République (APR), l’ancien parti au pouvoir, a elle aussi récemment enregistré le départ de plusieurs maires vers la majorité présidentielle.
Evodie Kokoyè

