Porto-Novo : la bataille du fauteuil municipal en coulisses. Quel visage pour diriger la capitale ?

À la suite du règlement des contentieux électoraux à Porto-Novo par la cour suprême, la majorité municipale est officiellement tombée dans l’escarcelle de l’Union Progressiste le Renouveau (UP-R). Avec 19 conseillers sur les 33 que compte le conseil communal, le parti dispose désormais d’un levier décisif pour orienter le choix du prochain maire de la capitale pour les sept années à venir.
Derrière cette nouvelle configuration politique, les tractations s’annoncent déterminantes. Le choix du futur édile dépasse la simple désignation d’un responsable communal. Il s’agit d’un poste stratégique dans une ville qui abrite plusieurs institutions du pays et qui symbolise l’équilibre politique national.
Le profil recherché suscite déjà de nombreuses analyses. Le prochain maire devra justifier selon plusieurs observateurs d’une solide expérience en gestion administrative et d’une parfaite maîtrise des rouages de l’administration territoriale. La capitale a besoin d’un dirigeant capable de conduire des projets structurants, d’assurer une gestion rigoureuse des finances locales et de travailler en synergie avec le gouvernement central dans la mise en œuvre des réformes en cours.
Le leadership constituera également un critère déterminant. Porto-Novo attend un maire capable d’incarner l’autorité, la discipline et la transparence dans la gestion publique. À cela s’ajoutent la capacité de mobilisation des ressources, la recherche de partenariats nationaux et internationaux, ainsi qu’une vision claire en matière d’urbanisation, d’assainissement, de valorisation du patrimoine historique et de développement économique local.
Au-delà des compétences techniques, le futur maire devra faire preuve d’écoute, de proximité avec les populations et d’aptitude à fédérer les différentes sensibilités politiques et sociales de la ville. Dans un contexte de modernisation de l’action publique, la capacité à innover, à digitaliser certains services municipaux et à renforcer la participation citoyenne pourrait également peser dans la balance.
Si l’Union Progressiste le Renouveau détient la majorité et donc la responsabilité du choix, l’orientation du chef de l’État Patrice Talon, en tant que leader de la mouvance présidentielle, sera déterminante. Les arbitrages pourraient ainsi se jouer à un niveau stratégique, entre considérations politiques et impératifs de performance.
Par ailleurs, l’actuel maire Charlemagne Yankoty désormais élu député à l’Assemblée Nationala, également membre de l’UP-R, devrait peser de tout son poids dans la désignation de son successeur. Son expérience à la tête de la municipalité et sa connaissance approfondie des enjeux propres à Porto-Novo pourraient influencer les discussions internes.
En coulisses, la bataille du fauteuil municipal est donc engagée. Entre continuité des réformes, ambition de transformation et équilibres politiques, le choix du prochain maire de Porto-Novo s’annonce comme un moment décisif pour l’avenir de la capitale béninoise.
La Rédaction

