Culture au Bénin : Yassine Latoundji annonce une nouvelle dynamique tournée vers l’économie culturelle

Le ministère de la Culture, des Arts et du Patrimoine a officiellement changé de main dans la matinée de ce mardi 26 mai 2026 au bâtiment C de la Cité ministérielle. La cérémonie de passation de charges entre la ministre intérimaire Shadiya Assouma et le nouveau ministre Yassine Latoundji a été marquée par un discours de prise de fonction centré sur l’action, la continuité et la transformation économique du secteur culturel.
Dès l’entame de son intervention, le nouveau ministre a donné le ton de son mandat. « Je ne viens pas ici pour faire un discours, je viens prendre un engagement », a-t-il déclaré, affirmant vouloir être « un ministre qui agit juste » plutôt qu’« un ministre qui parle bien ».
Yassine Latoundji a exprimé sa reconnaissance envers le président Romuald Wadagni pour la confiance placée en lui en le nommant au sein du premier gouvernement . Selon lui, cette confiance constitue avant tout une exigence de résultats concrets et mesurables. Il a plaidé pour une culture considérée non comme un simple symbole, mais comme un véritable pilier du développement national.

Le nouveau ministre a également salué le travail accompli par Shadiya Assouma durant la période d’intérim, soulignant la continuité de l’action publique assurée sous sa conduite. Il a aussi rendu hommage à son prédécesseur Jean-Michel Hervé Babalola Abimbola, resté à la tête du ministère pendant 77 mois. Parmi les acquis évoqués figurent le retour des trésors royaux d’Abomey, les Vodun Days à Ouidah, l’adoption du statut de l’artiste ainsi que la construction en cours de plusieurs musées à travers le pays.
Insistant sur l’idée de continuité républicaine, Yassine Latoundji a affirmé qu’une passation de charges « n’est jamais une rupture », mais un relais qui permet de poursuivre et de renforcer l’œuvre engagée. « Je ne tourne pas une page, je poursuis une œuvre, et je viens la transformer en industrie », a-t-il déclaré.
Le cœur de sa vision repose sur une interrogation centrale : la culture béninoise produit-elle suffisamment d’emplois et de revenus pour les populations ? Pour le ministre, le rayonnement culturel ne peut se limiter à la visibilité internationale ou à la multiplication des festivals et infrastructures. Une culture qui rayonne sans enrichir ceux qui la portent demeure, selon lui, « une vitrine ».

Sa feuille de route s’articule autour de trois priorités majeures : la fidélité à l’identité culturelle béninoise, la fidélité aux créateurs et la fidélité au patrimoine. Il entend valoriser les langues, les rites et les héritages historiques du pays tout en structurant les filières culturelles telles que la musique, le cinéma, l’artisanat et la mode grâce à une meilleure protection des droits d’auteur, des financements accessibles et des formations adaptées.
Le patrimoine culturel constitue également, selon lui, un levier économique capable d’attirer visiteurs, coproductions et investissements. Plaçant la jeunesse au cœur de son action, le ministre estime que les industries culturelles et créatives représentent une voie d’avenir pour l’économie béninoise et que leur développement doit être soutenu par une meilleure transmission culturelle dans les écoles, les médias et les espaces publics.
S’adressant enfin aux cadres et agents du ministère, Yassine Latoundji a promis une gouvernance exigeante mais juste, avant de réaffirmer son ambition de faire du ministère une maison commune ouverte à tous les talents du pays.
Le nouveau patron de la Culture affiche ainsi une ambition claire : faire passer le Bénin « de la culture qui se montre à la culture qui produit » et transformer le potentiel culturel national en véritable moteur de développement économique.
Ghislain Dossa Kakpo

