Coupe du monde 2026 : « L’Afrique peut rêver grand », affirme Ferdinand Djimadoum, président de l’Association Réveil de la Jeunesse

À l’approche de la Coupe du monde 2026 au format inédit de 48 équipes prévue du 11 juin 2026 au 19 juillet 2026, le président de l’Association Réveil de la Jeunesse (ARJ), Ferdinand Djimadoum, livre son regard sur les forces en présence, les ambitions africaines et les défis du football continental. Entre soutien affiché au Maroc et au Sénégal, plaidoyer pour un arbitrage plus équitable et réflexion sur l’avenir du football africain, il partage également la stratégie de l’ARJ pour faire vivre la compétition aux jeunes tchadiens malgré l’absence des Sao. Suivez l’intégralité de l’Interview accordé à votre média Info du Moment.

Info du Moment : Quelle analyse faites-vous du niveau global des équipes engagées dans cette Coupe du monde et quelles sont, selon vous, les nations favorites pour le titre ?

Ferdinand Djimadoum : En tant que président de l’ARJ et passionné de football, discipline que j’ai longtemps pratiquée comme capitaine d’équipe, je considère que cette Coupe du monde 2026 s’annonce particulièrement ouverte avec son nouveau format à 48 équipes. Certes, l’élargissement peut légèrement réduire le niveau moyen de certaines poules, mais les grandes nations historiques comme l’Espagne, la France, l’Angleterre ou encore le Brésil demeurent redoutables.

Du côté africain, nous avons toujours eu la conviction que nos représentants ne viendraient pas simplement faire de la figuration. Dieu exauce aussi les prières des peuples noirs. Le Maroc et le Sénégal apparaissent aujourd’hui comme les meilleures chances africaines de remporter le trophée.

Le Maroc, demi-finaliste historique en 2022 et référence continentale actuelle, possède un effectif mature et expérimenté. Sa solidité défensive et son vécu des grands rendez-vous en font un sérieux candidat. Le Sénégal, champion d’Afrique confirmé, impressionne également par la cohésion de son collectif et la qualité de ses cadres habitués au football européen.

Nous comptons aussi sur la Côte d’Ivoire et l’Algérie pour créer la surprise. L’élargissement du tournoi peut offrir davantage d’opportunités aux nations africaines de briller dans les phases à élimination directe.

J’insiste toutefois sur la question de l’arbitrage. Trop souvent, certaines nations africaines ont dénoncé des erreurs ou un sentiment de traitement défavorable lors des grandes compétitions. La FIFA annonce des mesures renforcées grâce à la VAR, aux nouvelles directives de l’IFAB et à une présence accrue d’officiels africains. Nous espérons que ces engagements seront réellement appliqués afin de garantir l’équité et de combattre toute forme de discrimination ou de profilage racial.

Info du Moment : Quels enseignements le football africain peut-il tirer de cette édition, notamment en termes de préparation, de compétitivité et de performance ?

Ferdinand Djimadoum : La CAN 2025 disputée au Maroc a démontré que la souveraineté du football africain repose sur une organisation solide, des investissements durables et une véritable professionnalisation.

Le football africain doit miser davantage sur la stabilité institutionnelle, la formation locale et un encadrement technique national performant. Les exploits récents montrent que l’Afrique peut rivaliser avec les meilleures nations du monde, mais la régularité exige des réformes profondes.

Les préparations improvisées, les litiges liés aux primes ou les stages organisés dans l’urgence doivent appartenir au passé. Les fédérations doivent planifier sérieusement leurs calendriers et multiplier les matchs amicaux contre les meilleures sélections mondiales.

Les infrastructures sportives et la médecine doivent également devenir prioritaires. Les centres de formation et académies de haut niveau sont indispensables pour former des joueurs complets et éviter un exode précoce mal encadré.

Je crois aussi beaucoup aux techniciens locaux. Les dernières campagnes internationales ont montré que les sélectionneurs africains comprennent souvent mieux les réalités culturelles et psychologiques de leurs équipes.

Enfin, le football moderne récompense l’efficacité et l’adaptation tactique davantage que le simple spectacle. Bloc défensif discipliné, transitions rapides et résistance mentale doivent devenir des standards. L’Afrique doit transformer ses exploits ponctuels en véritable culture permanente de la gagne.

Le football est désormais un instrument géopolitique majeur. Nous devons veiller à ce que nos intérêts sportifs et économiques soient protégés.

Info du Moment : Selon vous, quels sont les facteurs clés qui feront la différence entre les équipes dès la phase de groupes ?

Ferdinand Djimadoum : Avec le format à 48 équipes, la différence se fera essentiellement sur trois éléments : l’efficacité offensive, la solidité défensive et la gestion stratégique des groupes.

Dans des rencontres serrées, notamment pour certaines sélections africaines opposées à de grandes puissances du football mondial, les occasions seront limitées. Il faudra donc convertir la moindre opportunité.

Le nouveau système de qualification, qui permet aussi aux meilleurs troisièmes d’accéder aux seizièmes de finale, introduit une nouvelle dimension tactique. La différence de buts ou même le fair-play pourraient devenir décisifs.

Certaines affiches seront particulièrement exigeantes. Le Maroc devra gérer des adversaires de haut niveau comme le Brésil, tandis que l’Algérie devra élever son niveau contre l’Argentine. Le Sénégal face à la France ou le Ghana contre l’Angleterre auront également de grands défis à relever.

À l’inverse, des sélections comme la Côte d’Ivoire ou l’Égypte disposent sur le papier de groupes plus abordables, mais elles devront éviter toute forme de sous-estimation.

Info du Moment : Quelles équipes ou joueurs suivez-vous particulièrement et qui pourraient créer la surprise durant ce tournoi ?

Ferdinand Djimadoum : Je porte une attention particulière au Sénégal et à son leader Sadio Mané. Les Lions de la Teranga disposent d’un mélange remarquable entre expérience et jeunesse avec des joueurs comme Nicolas Jackson, Iliman Ndiaye ou encore Lamine Camara.

Sadio Mané demeure une figure majeure du football africain et mondial. Son parcours exceptionnel, de Génération Foot jusqu’aux plus grands clubs européens avant Al-Nassr, témoigne d’une carrière exemplaire.

Au-delà de ses performances, Mané incarne un leadership humble et inspirant. Capitaine, guide et modèle social, il représente une référence pour toute une génération de jeunes africains grâce à ses actions dans son village natal de Bambali.

Nous rêvons de voir le Sénégal remporter cette Coupe du monde. Ce serait un accomplissement historique pour toute l’Afrique, et nous croyons que cela reste possible.

Info du Moment : Le Tchad n’étant pas qualifié à cette Coupe du monde, comment l’ARJ compte-t-elle faire vivre cette édition aux jeunes tchadiens et maintenir leur intérêt pour la compétition malgré cette absence ?

Ferdinand Djimadoum : L’absence des Sao ne doit pas éteindre la passion des jeunes tchadiens pour le football. À l’ARJ, nous voulons transformer cette situation en opportunité éducative et citoyenne.

Nous encourageons les retransmissions publiques dans les quartiers, centres culturels et grandes localités afin que les jeunes puissent vivre la ferveur du Mondial dans un esprit de partage.

Nous invitons également la jeunesse tchadienne à soutenir les autres nations africaines qualifiées. Cette solidarité sportive renforce le sentiment d’appartenance continentale et entretient l’intérêt pour la compétition.

Pour ma part, si Dieu le permet, j’assisterai personnellement à la finale du tournoi. Ce déplacement représenterait une présence symbolique et directe de l’ARJ à ce grand rendez-vous du football mondial.

Info du Moment : Ferdinand Djimandoum, merci !

Ferdinand Djimandoum : C’est moi qui vous remercie

Propos recueillis par Ghislain Dossa Kakpo

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