Afrique de l’ouest : L’EPA, CRAterre et ALIPH lancent le premier projet de recherche sur les effets du changement climatique sur les sites patrimoniaux

Face aux menaces croissantes du changement climatique sur le patrimoine bâti en terre, l’École du Patrimoine Africain (EPA) et le Centre international de la construction en terre (CRAterre) ont initié un nouveau programme de recherche soutenu par l’Alliance internationale pour la protection du patrimoine dans les zones en conflit (ALIPH). Cette initiative a été officiellement lancée à travers un séminaire régional placé sous le thème : « Patrimoine en terre et résilience climatique en Afrique de l’Ouest ».

La rencontre s’est déroulée au siège de l’EPA au Bénin, du 12 au 16 janvier 2026. Elle a mis en lumière la situation préoccupante des architectures en terre, qui constituent près de 60 % des biens ouest-africains inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO. Ces constructions ancestrales sont aujourd’hui fortement exposées aux aléas climatiques, compromettant leur durabilité.

L’impact de ces phénomènes ne se limite pas à la dégradation des sites. Il remet également en question les pratiques des professionnels du secteur et entraîne un abandon progressif des savoir-faire traditionnels par les communautés locales. Pour y faire face, ce séminaire a permis de former une vingtaine de spécialistes architectes, gestionnaires de sites et acteurs du patrimoine afin de mieux intervenir sur ces édifices fragilisés.

Les participants, venus du Bénin, du Togo, du Mali, du Ghana, du Niger, du Burkina Faso, du Sénégal et de la Côte d’Ivoire, ont acquis de nouvelles compétences. Ils sont désormais capables d’analyser le comportement des matériaux en terre, d’anticiper les risques climatiques et de développer des approches innovantes pour la préservation de ces patrimoines.

Prévu pour une durée de trois ans, le projet s’appuie sur trois sites pilotes servant de laboratoires à ciel ouvert. Il s’agit notamment d’une case à impluvium à Enampore au Sénégal, d’une mosquée de style soudanais à Bouna en Côte d’Ivoire, ainsi que des bâtiments traditionnels Ashanti et leur environnement à Kumasi au Ghana.

En plus des séminaires, le programme prévoit des travaux de recherche, des formations techniques spécialisées et des interventions pratiques directement sur les sites concernés. L’objectif est de proposer des solutions concrètes pour limiter l’impact du changement climatique sur ces trésors architecturaux.

Ghislain Dossa Kakpo

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