Cour pénale internationale : le Niger officialise sa volonté de quitter l’institution

Le Niger a officiellement engagé son retrait de la Cour pénale internationale (CPI). Les autorités nigériennes ont transmis leur décision aux Nations unies le 18 juin 2026, une démarche qui a été enregistrée par le secrétaire général de l’ONU.

La CPI, basée à La Haye, a confirmé le 23 juin avoir reçu cette notification. Conformément au Statut de Rome, le retrait ne prendra effet qu’au terme d’un délai d’un an. Le Niger demeurera donc membre de l’institution jusqu’au 18 juin 2027 et devra continuer à respecter ses obligations de coopération durant cette période.

Dans sa notification adressée à l’ONU, Niamey estime que la Cour, créée pour promouvoir la justice internationale, a été au fil des années victime de « détournements » et « d’instrumentalisations ». Des critiques déjà formulées par plusieurs États africains à l’encontre de l’institution.

Cette décision intervient plusieurs mois après l’annonce des pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) – le Niger, le Mali et le Burkina Faso – qui avaient évoqué un retrait collectif de la CPI. À ce jour, seul le Niger a toutefois officiellement lancé la procédure.

Malgré cette démarche, les autorités nigériennes restent tenues de collaborer avec la Cour jusqu’à l’expiration du délai prévu. Le pays avait notamment coopéré avec la juridiction en 2015 en transférant à La Haye le Malien Ahmed Al Mahdi, condamné pour la destruction des mausolées de Tombouctou.

Depuis la création de la Cour, seuls le Burundi et les Philippines ont mené leur retrait à son terme, tandis que d’autres pays ont finalement renoncé à cette option.

Evodie Kokoyè

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