FCBE : le réveil tardif d’un parti en quête de crédibilité auprès des électeurs ?

Sortie de son silence après les élections législatives et communales du 11 janvier 2026 au Bénin, la Force Cauris pour un Bénin Émergent (FCBE) a surpris par la tonalité de sa déclaration, dénonçant une « démocratie en panne » et de nombreuses irrégularités électorales. Pourtant, au regard de ses résultats, 4,86 % aux législatives et 6,65 % aux communales, cette sortie ressemble davantage à une tentative de justification d’un échec qu’à une analyse lucide de ses propres insuffisances. Le parti semble ainsi préférer la dénonciation du système à l’indispensable autocritique sur son manque de visibilité, d’ancrage et de mobilisation sur le terrain.

Au lieu de tirer les leçons d’une campagne quasi inexistante et d’un discours politique peu audible, la FCBE met en avant l’achat de conscience, le bourrage des urnes et d’autres pratiques qu’elle estime avoir faussé le jeu électoral. Une posture qui interroge, car ces accusations interviennent après coup, sans qu’un effort notable n’ait été observé pour convaincre l’électorat ou structurer une dynamique de victoire. Pour de nombreux observateurs, l’échec de la FCBE tient avant tout à l’absence d’une stratégie claire et d’un projet politique capable de rallier les citoyens.

Ce revirement est d’autant plus frappant qu’au moment où le parti Les Démocrates, principale force de l’opposition, dénonçait ouvertement ces mêmes irrégularités, la FCBE se distinguait par une attitude pour le moins passive. Se réclamant pourtant de l’opposition, elle avait alors opté pour pratiquement le silence, renforcée par ses accords de gouvernance avec des partis de la mouvance. Aujourd’hui, ce changement de discours soulève une question centrale : pourquoi ce réveil maintenant et pas plus tôt ?

À l’approche de l’élection présidentielle du 12 avril, cette sortie médiatique pourrait aussi être lue comme une tentative de se repositionner sur l’échiquier politique et de reconquérir l’attention des électeurs. Tout porte à le croire. Mais sans remise en question profonde ni proposition politique renouvelée, la dénonciation du système apparaît comme un exercice de communication plus que comme une démarche crédible de refondation. En politique, l’électorat juge moins les plaintes que la capacité à se battre, à proposer et à convaincre. Un défi que la FCBE devra relever si elle veut éviter que ce réveil tardif ne reste sans lendemain.

GDK

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