Industrie cinématographique au Bénin : une loi historique adoptée après 65 ans d’attente
L’Assemblée nationale du Bénin a adopté, mercredi 28 janvier 2026, la loi n°2026-01 relative à l’industrie du cinéma et de l’image animée. Ce texte vient abroger la loi n°60-15 du 30 juin 1960, restée en vigueur pendant 65 ans et devenue inadaptée aux réalités contemporaines de la création cinématographique et audiovisuelle.

La nouvelle loi établit un cadre juridique moderne et structurant pour l’ensemble des activités liées au cinéma et à l’image animée. Composée de 72 articles répartis en six titres, elle encadre les conditions d’exercice de la profession, la promotion de l’industrie, la protection et la conservation des œuvres, le droit d’auteur, ainsi que les procédures et sanctions applicables. Elle intègre également les normes communautaires, notamment celles de l’UEMOA, afin de mieux aligner le Bénin sur les standards internationaux, rapporte le quotidien La Nation.
Parmi les principales innovations figurent la création d’une cinémathèque nationale, l’institution d’un Fonds de soutien au développement du cinéma et de l’image animée, la mise en place d’un registre public de la cinématographie et l’instauration d’une redevance de promotion cinématographique. Le texte prévoit en outre des mesures spécifiques pour la protection de l’enfance, à travers un encadrement renforcé de l’accès des mineurs aux œuvres cinématographiques et audiovisuelles.
Défendue par le ministre du Tourisme, de la Culture et des Arts, Jean-Michel Abimbola, la loi s’inscrit dans la vision du gouvernement qui fait de la culture et des industries créatives des piliers essentiels de la croissance économique, de la création d’emplois et du rayonnement du pays.
Le Bénin vient ainsi de tourner définitivement la page d’un dispositif hérité des premières années de l’indépendance et se dote des outils nécessaires pour structurer, dynamiser et professionnaliser son industrie cinématographique.
Ghislain Dossa Kakpo

