Nigeria : un présumé complot contre le pouvoir déjoué, six suspects devant la justice

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Au Nigeria, une affaire aux allures de crise institutionnelle refait surface. Six hommes, dont un général de division à la retraite, ont été inculpés ce mardi 21 avril 2026 pour leur implication présumée dans un projet de coup d’État remontant à octobre 2025.

Les accusés doivent comparaître dès ce mercredi devant la Haute Cour d’Abuja. Le groupe est composé d’un général retraité, d’un capitaine à la retraite, d’un inspecteur de police ainsi que de civils. Ils sont poursuivis pour treize chefs d’accusation, notamment trahison, terrorisme, blanchiment d’argent et non-divulgation d’informations.

Selon les éléments de l’enquête présentés par le média français RFI, les mis en cause auraient soutenu un complot plus vaste orchestré par le colonel Mohammed Alhassan Ma’aji, présenté comme le cerveau de l’opération. Le plan aurait consisté à attaquer et prendre le contrôle d’Aso Rock, la résidence officielle du chef de l’État.

Les autorités évoquent un projet visant à neutraliser les plus hautes institutions du pays, avec pour cibles le président Bola Ahmed Tinubu, le vice-président Kashim Shettima, ainsi que les dirigeants du Parlement. Une opération qui, si elle avait abouti, aurait profondément ébranlé la stabilité politique du pays.

L’affaire ne se limite pas à ces six inculpations. Une quarantaine de personnes, dont plusieurs officiers supérieurs en activité, seraient impliquées. Au moins seize militaires ont déjà été arrêtés, issus de l’armée de terre, mais aussi de la marine et de l’armée de l’air. Certains pourraient être jugés devant une cour martiale.

Un ancien gouverneur de l’État de Bayelsa, actuellement en fuite, est également cité dans le dossier. Il est soupçonné d’avoir contribué au financement du projet.

Initialement, les autorités avaient minimisé les faits, évoquant des cas d’indiscipline au sein de l’armée. Mais face à l’ampleur des révélations, le président Bola Tinubu a procédé à un vaste remaniement de l’état-major.

Avec l’ouverture de cette procédure judiciaire, la justice nigériane s’apprête à faire toute la lumière sur une affaire qui met en évidence des fragilités persistantes au sein de l’appareil sécuritaire national.

Loris M.

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