À l’approche des élections générales de 2026, les regards se tournent beaucoup plus vers le président Patrice Talon. Qui désignera-t-il pour lui succéder ? C’est la question actuelle sur toutes les levres. Alors que la logique politique désignerait un dauphin issu de l’Union Progressiste le Renouveau (UPR), du Bloc Républicain (BR), ses deux blocs de soutien, ou dans l’un des partis pas trop représentatifs mais soutenant tout de même ses actions, un autre scénario semble prendre forme : celui d’un choix extérieur, inattendu, voire indépendant de ces appareils politiques.
Depuis plusieurs mois, les équilibres internes au sein de la majorité présidentielle s’effritent. Ni l’UPR ni le BR ne semble en mesure d’imposer une figure consensuelle ou un candidat fort selon l’opinion publique. C’est un secret de polichinelle. Des ambitions s’affichent dans ces partis de la mouvance, les rivalités s’aiguisent, et Talon, visiblement prudent, garde ses distances. À en croire certains cercles proches du pouvoir, le chef de l’État entretiendrait un certain scepticisme à l’égard des prétendants de ses blocs, qu’il ne jugerait pas tous loyaux.
Dans un entretien récent accordé à Jeune Afrique, Patrice Talon a lâché une phrase intrigante affirmant qu’il n’est pas exclu que son successeur soit le même que celui de Yayi Boni, son prédécésseur. Une sortie qui a aussitôt fait réagir, tant elle bouscule les lignes politiques classiques. Doit-on y voir un clin d’œil stratégique ? Une ouverture vers un profil consensuel, capable de réconcilier deux camps jadis antagonistes ? Ou un simple écran de fumée ?
Quoi qu’il en soit, cette déclaration renforce l’idée que le président pourrait aller au-delà des logiques partisanes pour choisir son successeur.
Le Bénin nous a habitués à voir le pouvoir se fragiliser à l’approche des fins de mandat. Kérékou, en 2006, n’a pas pu empêcher l’émergence de Boni Yayi, un outsider venu de la société civile. Dix ans plus tard, Yayi Boni, malgré son soutien à Lionel Zinsou, a vu sa majorité éclater et son candidat échouer. Dans les deux cas, le président sortant s’est retrouvé affaibli politiquement, et impuissant à désigner un successeur accepté par tous.
Conscient de cette dynamique, Patrice Talon pourrait vouloir casser ce cycle en contrôlant plus finement la transition, quitte à sortir des rangs habituels.
Plusieurs personnalités émergent en marge des blocs traditionnels. Parmi elles, Richard Boni Ouorou, récemment légalisé par le biais de son parti Le Libéral, attire une certaine attention. Bien que discret, son positionnement libéral et indépendant pourrait séduire une partie de l’électorat en quête de renouveau. Il incarne cette frange montante d’acteurs politiques qui ne doivent rien aux partis classiques et qui bénéficient d’un espace de parole autonome.
Talon, homme de réseau et de stratégie, pourrait voir dans ces profils des alliés potentiels, des relais d’idées ou des passerelles pour réinventer une majorité à sa manière.
Plus que jamais, l’élection de 2026 s’annonce incertaine. Entre le poids des blocs politiques apparemment en perte de cohésion, les ambitions personnelles en embuscade et les signaux d’ouverture du chef de l’État, rien n’indique que le prochain candidat du pouvoir sera désigné selon les codes habituels.
Patrice Talon, fidèle à son goût du contre-pied, pourrait bien écrire une nouvelle page de la succession politique au Bénin : hors des partis, hors des habitudes, mais dans la continuité de sa propre logique de gouvernance.
Ghislain Dossa Kakpo
SUIVEZ-NOUS SUR NOTRE CHAINE WHATSAPP VIA CE LIEN → HTTPS://WHATSAPP.COM/CHANNEL/0029VAEEL3LCCW4VC7IPMY0L
La République du Bénin marque déjà l’année 2026 par une opération financière majeure sur les…
Une opération de routine menée par les éléments de la Police républicaine du deuxième arrondissement…
Le Ministère des Enseignements Secondaire, Technique et de la Formation Professionnelle (MESTFP) a annoncé l’ouverture,…
Le Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko, s’est longuement entretenu avec son homologue marocain, Aziz Akhannouch,…
Un cambriolage perpétré dans la nuit du 17 janvier 2026 à Lokossa, dans le département…
Au Bénin , le gouvernement s'est réuni ce mercredi 21 janvier 2026 à l'occasion du…