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Niger : Dans une interview exclusive, le juriste-politologue Djimandoum Ferdinand détaille le projet « La refondation de l’Afrique » et mise sur la jeunesse

Président de l’Association Le Réveil de la Jeunesse, Djimadoum Ferdinand expose la vision d’une jeunesse africaine repensée, engagée et actrice de la transformation du continent. Entre unité africaine, réforme de l’éducation, justice sociale et gestion responsable des ressources, il défend une ambition : préparer l’avènement d’une Afrique nouvelle, forte et unie.

L’écrivain, juriste-politologue et spécialiste de politique de défense et des relations internationales revient dans une spéciale interview accordée au média en ligne Info du Moment sur les tenants et aboutissants du projet intitulé ‘’ La Refondation de l’Afrique’’. Lisez l’intégralité de l’interview ci-dessous.

Quel est le nom du projet que vous défendez et quels sont les objectifs derrière cette initiative pour l’Afrique ?

Pour parler d’abord du projet « La refondation de l’Afrique, il est primordial de parler des objectifs de l’Association. En effet, l’Association le Réveil de la Jeunesse se donne pour Vision de « Faire sonner sur l’Afrique un réveil où le Droit, la Justice, l’Egalité et le Progrès sont possibles ». Pour la mise en œuvre de cette Vision, l’ARJ s’est dotée d’un Manifeste qui comporte des Actions et Principes fondamentaux. Par ailleurs, l’ARJ a adopté l’Unité Africaine et prône le libéralisme démocratique et économique, la justice sociale et encourage l’initiative privée. Pour que ceci soit possible il nous faut une redéfinition de la jeunesse.  Alors, au sein de notre association, nous nous sommes dits que d’après tout la jeunesse ce n’est pas l’âge mais un état d’esprit, une question de mentalité et d’attitude, la vitalité, le courage et la capacité de vaincre le mal. Ce que vous devrez savoir, la Refondation de l’Afrique par sa Jeunesse est un enjeu crucial, car l’Afrique possède la population la plus jeune du monde, une force démographique immense qui exige des investissements massifs dans l’éducation, l’emploi (secteurs comme l’agriculture, les énergies renouvelables) et la gouvernance pour transformer ce potentiel en développement durable, paix et innovation, une participation civique renforcée et l’acquisition de compétences adaptées. Malheureusement chose qui n’a jamais été faite mais nous y croyons. Aujourd’hui, la migration des jeunes est causée par l’absence d’emplois décents, les difficultés économiques et le manque de perspectives d’avenir poussent les jeunes à partir, même face aux risques. L’engagement des jeunes dans les processus décisionnels est important car cela renforce la démocratie, favorise des politiques plus inclusives et durables, et permet aux jeunes de développer des compétences essentielles pour leur avenir. Il est vital de créer des cadres où leur voix est entendue, en levant les obstacles socio-économiques et en offrant des espaces de participation, car les jeunes ont des perspectives uniques et sont les moteurs du changement pour l’avenir de la société.

Selon vous, quelles sont les principales causes du manque d’unité entre les Africains aujourd’hui, et comment votre projet compte-t-il y remédier ?

Le manque d’unité africaine découle de facteurs historiques (héritage colonial, frontières arbitraires), socio-économiques (diversité des monnaies, manque d’infrastructures, dépendance économique, barrières douanières) et politiques (manque de volonté politique, conflits internes/externes, intérêts divergents, faible légitimité des institutions comme l’UA), aggravés par des clivages culturels et des problèmes d’acculturation, créant une méfiance qui freine le commerce et la coopération intra-africaine. Ce n’est pas seulement ça mais depuis les indépendances, Les jeunes ont vécu la guerre dans leurs âmes, versé leur sang et jusqu’aujourd’hui on parle des problèmes d’éleveurs et agriculteurs dans certains pays dont j’ai parcouru.  Je peux qualifier ça d’un manque de volonté politique.

Vous insistez souvent sur l’éducation et la formation des Africains comme levier du développement. Quelles mesures concrètes proposez-vous pour rendre l’éducation accessible et de qualité pour tous ?

Investir dans l’homme, c’est contribuer à sa formation en vue de sa performance intellectuelle. L’école dans les Etats Africains dont les éloges ont été chantés par les ainés n’existe plus aujourd’hui. On assiste à un bradage de l’éducation par un recrutement massif des personnes sans niveau qui devaient être formées elles-mêmes mais qui, par la magie du sort, se retrouvent à la tête des institutions de formation dans les différents Etats. Aujourd’hui, l’africain n’est plus compétitif sur le marché international excepté quelques rares qui sont passés par des écoles qui ne sont pas accessibles aux africains moyens. Cependant au sein de notre Association, nous disons que l’école doit être repensée. Le recrutement des enseignants depuis le primaire jusqu’au supérieur doit être revu pour que les meilleurs soient des formateurs en vue d’un bon rendement. Si un aveugle conduit un autre aveugle, les deux ne tomberont-ils pas dans la fosse ? L’éducation nationale des Etats africains doit être purgée des « charlatans » qui sont un danger pour l’avenir de nos enfants, partant, pour l’Afrique. Investir dans l’humain consiste à déployer de gros moyens pour la formation des enseignants de qualité. Les ressources des pays doivent créer les conditions minimales aux élèves et étudiants pour leur permettre de poursuivre leurs études dans un environnement serein. Les conditions de travail des enseignants doivent aussi être améliorées. L’organisation des ministères ayant en charge l’éducation et l’enseignement doit être sérieusement revue pour les adapter aux nouveaux défis de développement en Afrique.

Le développement économique de l’Afrique repose sur une meilleure gestion des ressources. Comment comptez-vous mobiliser et répartir ces richesses équitablement ?

Ce que vous devrez comprendre, l’Afrique a bien de ressources : terres riches, un sous-sol prometteur qui ne se limite pas au seul pétrole ; un cheptel important et varié ; une population paisible et courageuse. Tout pour faire un Continent prospère, malheureusement mal géré faute de volonté politique des Leaders. Pour une émergence économique en Afrique, il faut connaitre sur quoi repose son économie. Il faut en distinguer les éléments qui peuvent résister au temps et ceux qui passent par le temps, c’est-à-dire qui ne peuvent se régénérer. Les ressources pétrolières ne sont pas inépuisables. Aussi, doivent-elles être réparties sur la durée pour assurer le bien-être social du peuple africain pendant longtemps après leur épuisement. Les carences dans la gestion actuelle de nos richesses posent au fond le problème de l’emploi rationnel de nos ressources humaines. Cette gestion ne doit pas être laissée aux mains de médiocres, alors que le Continent regorge de bons économistes, des planificateurs, et des compétences dans divers domaines, capables d’aider à une gestion optimale de nos ressources. Bientôt, des africains épris d’amour pour leur Continent se lèveront et auront toute la latitude de mettre en évidence leur compétence pour une Afrique nouvelle. Lorsque ces africains se lèveront, ils aideront à ce que les richesses nationales des pays africains soient réparties équitablement entre tous les africains en fonction des Etats. Nous croyons vivement que rien n’est impossible à celui qui croit d’ailleurs on le dit souvent la persévérance mène à la récompense céleste.

La justice et le respect des droits humains sont également au cœur de votre vision. Comment envisagez-vous de renforcer ces institutions et de garantir l’égalité de tous devant la loi ?

La justice est à la fois un idéal moral d’équité et d’égalité, un système d’institutions (tribunaux, lois) qui applique ces principes, et une activité de jugement pour trancher les conflits, protéger les faibles et sanctionner les infractions, en s’appuyant sur le droit pour maintenir l’ordre social. Les principes universels des droits humains doivent être défendus dans tous les Etats africains. Ne pas les reconnaitre sera un recul par rapport aux aspirations des africains. Les droits fondamentaux doivent être garantis à chaque africain, où qu’il se trouve. Les us et coutumes non contraires aux lois doivent être respectés au risque de perdre l’âme de nos peuples. L’Arj a toujours défendu avec toute énergie les victimes d’injustice.  Si vous vous rappelez de notre hymne, tout se trouve là.  D’ailleurs le titre est l’Unité de la jeunesse africaine.

La fédération africaine est un objectif ambitieux. Quels seraient, selon vous, les premiers pas réalistes pour avancer vers les États-Unis d’Afrique tout en respectant les réalités locales ?

 Vous devrez comprendre que l’ambition est une forme de vision. Elle représente le désir de s’élever, d’atteindre des objectifs (pouvoir, gloire, richesse) et de se réaliser, ce qui demande de se projeter dans l’avenir. Un homme sans ambition, comme un aveugle, peut naviguer sans but précis, sans « voir » où il veut aller ou ce qu’il veut accomplir. L’Afrique restera une et indivisible du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest.

Il nous faut les Etats Unis d’Afrique. Ce n’est pas impossible ni un miracle. À travers sa Jeunesse c’est possible. La fédération n’est rien d’autre qu’une manière de stimuler une concurrence positive entre différents Etats fédérés. Elle prend déjà forme avec la décentralisation poussée du territoire national d’un Etat. Une fédération, si cela peut aider à renforcer la cohésion des Etats africains, pourquoi la refusera-t-on ? Toutefois, nous y arriverons de façon progressive, en expérimentant d’abord une forte décentralisation qui accorde à chaque Etat la possibilité de se prendre en charge en fonction des réalités qui s’y trouvent.  Et seule la société est apte d’y créer les Etats unis d’Afrique.  Cela peut se jouer à travers les actions sur le terrain.

Monsieur Djimandoum Ferdinand, merci.

C’est moi qui vous remercie

Propos recueillis par Ghislain Dossa Kakpo

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